Épargne : moins de valeurs mobilières détenues en direct, plus de manière indirecte

Si la part des Français possédant des actions, des obligations et des fonds ne varie pas, cet investissement se fait de plus en plus via l’assurance vie, souligne le gendarme de la Bourse de Paris.

 

La détention de valeurs mobilières ne varie presque plus d’une année sur l’autre en France. C’est l’un des enseignements de la dernière Lettre de l’Observatoire de l’épargne, publiée le 28 juin 2022 par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Le superviseur de la place boursière parisienne étaie son analyse en s’appuyant à la fois sur une étude réalisée par l’institut Kantar auprès d’un échantillon représentatif d’environ 12.000 individus âgés de 15 ans et plus et une autre menée par l’Insee à partir de 10.253 ménages.

D’après ces données, 16,7% des foyers français détenaient des actions, des obligations et/ou des parts d’organismes de placement collectif (OPC) en 2021. Un pourcentage légèrement supérieur à celui de 2018 (16%) et un peu inférieur à celui de 2015 (17,5%). Pour rappel, les OPC regroupent les sociétés d’investissement à capital variable (Sicav) et les fonds communs de placement (FCP).

 

Succès grandissant de l’assurance vie

Si la détention de valeurs mobilières reste stable dans l’Hexagone, sa composition évolue nettement, remarque l’AMF. Moins de 10% des personnes interrogées déclarent posséder de tels actifs en direct en 2022, contre plus de 18% en 2009. À titre d’exemple, la détention d’actions en direct est passée de 13% à seulement 6,7% en l’espace de ces treize années.

A contrario, la part de valeurs mobilières détenues de manière indirecte ne cesse de progresser. Ce phénomène résulte du succès de l’assurance vie. De 37,4% en 2015, le pourcentage de ménages ayant souscrit ce placement a été porté à 39,2% en 2018 pour atteindre 40,5% l’année dernière.

 

Poussée des unités de compte

Cette progression est essentiellement soutenue par la souscription d’assurances vie multisupports. La part de ménages détenant ce type de contrat, dans lequel sont logées une ou des unités de compte (UC) au côté du fonds en euros, est passée de 13,3% en 2015 à 16,8% en 2021. Les contrats multisupports ont représenté 40,9% des assurances vie l’an passé, contre 33,6% en 2015. Or, les UC sont majoritairement investies dans des valeurs mobilières.

En matière de détention de valeurs mobilières, « la tendance est désormais à la hausse, conséquence de la commercialisation d’UC en assurance vie », observe l’AMF. Il faut dire que de plus en plus d’assureurs exigent la souscription d’une part minimum d’unités de compte lors de l’ouverture d’une assurance vie. Ces supports, qui ne prévoient pas de garantie sur le capital (*) à tout moment contrairement au fonds en euros, exigent en effet moins de fonds propres pour respecter les règles européennes de solvabilité.

(*) Les versements cumulés, moins les frais de gestion et les retraits éventuels.