Épargne retraite : les Français intéressés par le PER

Trois épargnants sur dix envisagent d’ouvrir un plan d’épargne retraite dans l’année. Ce nouveau placement avoisine déjà les deux millions de souscripteurs.

Le plan d’épargne retraite (PER) fait des adeptes. D’après une étude publiée le 9 septembre 2021 et menée par le cabinet Insight AM pour le compte du gestionnaire d’actifs Fidelity International auprès d’un panel de 1.001 détenteurs de 10.000 euros d’épargne et d’un contrat d’assurance vie, 30% des sondés ont l’intention d’ouvrir un PER dans les prochains mois. Déjà, 5% des épargnants interrogés ont souscrit ce nouveau placement destiné à générer un revenu de complément pour l’après vie professionnelle et qui remplace, depuis le 1er octobre 2020, la majorité des produits individuels et collectifs d’épargne retraite.

Si tant d’épargnants prévoient de se doter d’un PER, c’est d’abord parce que ce placement créé par la loi Pacte (pour Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) répond à un besoin. Aux yeux de 33% des personnes sondées, le financement de la retraite constitue la préoccupation première en matière d’épargne de long terme. Il s’agit même d’un sujet prioritaire pour 81% des 50-64 ans. Comme 74% des distributeurs de placements (conseillers en agence bancaire et conseillers en gestion de patrimoine) et 92% des courtiers en assurance recommandent le PER pour préparer sa retraite, il semble normal, dans ces conditions, que le produit suscite de l’intérêt.

De nombreux atouts

Sans compter que le PER ne manque pas d’atouts. Il y a d’abord son avantage fiscal : 20% des répondants soulignent la possibilité de déduire de son revenu imposable les versements volontaires effectués sur le compartiment individuel (1). Alors que les fonds sont normalement bloqués jusqu’au départ à la retraite, le fait de pouvoir les débloquer pour acheter sa résidence principale (2) plait également, notamment chez les 25-34 ans qui sont 25% à mettre en avant cette disposition.

Les modes de sortie représentent un autre argument. Sauf exception (3), le PER peut, en effet, être dénoué en capital (une somme versée en une ou plusieurs fois) et/ou en rentes viagères (une somme calculée en fonction de l’encours du plan et de l’espérance de vie de l’assuré et servie jusqu’au décès de ce dernier). Une flexibilité mise en avant par 21% des 50-64 ans. Tous ces points expliquent le succès du PER.

Selon les dernières données de la Fédération française de l’assurance (FFA) diffusées le 7 septembre 2021, le PER a enregistré 100.000 souscriptions en juillet dernier. Près de 2 millions de Français détiennent un plan et les encours (les versements majorés des intérêts annuels et des plus-values latentes) s’élèvent déjà à 22 milliards d’euros.

 

  1. À hauteur de 10% du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) de l’année N-1 (l’année précédente) ou, si la formule est plus avantageuse, de 10% du revenu professionnel de l’année N-1 dans la limite de huit fois le Pass de l’année N-1.
  2. Le compartiment collectif obligatoire du PER, alimenté par les cotisations obligatoires prises partiellement en charge par l’employeur, ne propose pas de déblocage anticipé pour l’acquisition de la résidence principale.
  3. Le compartiment collectif obligatoire du PER permet uniquement une sortie en rentes viagères.